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	<title>Karl Popper et le Darwinisme</title>
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	<description>Epistémologie évolutionniste et théorie darwinienne de l&#039;évolution</description>
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		<title>Le crit&#232;re de d&#233;marcation popp&#233;rien entre science et pseudo-science</title>
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		<pubDate>Sun, 23 May 2010 14:23:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<category><![CDATA[critère de démarcation poppérien]]></category>
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		<description><![CDATA[Le critère de démarcation de Karl Popper sépare science et pseudo-science. L'une est réfutable et non réfutée, tandis que l'autre est irréfutable car elle ne possède aucun pouvoir de prédiction...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p></p><p>A plusieurs reprises, et notamment dans son autobiographie intellectuelle, Karl Popper explique de quelle manière il est parvenu à établir son célèbre <strong>critère de démarcation</strong> &#8211; qui constitue tant une méthodologie pour la science contemporaine qu’un essai d’objectivation de l’histoire des sciences.</p>
<p>Impressionné par la révolution einsteinienne en physique, et exaspéré par les interprétations freudiennes et marxistes, Karl Popper en vint à montrer que <strong>la principale différence entre ces diverses théories résidait dans leur capacité de <em>prédiction</em></strong>, c’est-à-dire dans la possibilité qu’elles laissent à des <em>énoncés de base</em> d’être retirés des <em>énoncés universaux</em> qu’elles proposent, et donc dans leur capacité à être invalidées par les faits.</p>
<p>Par exemple, tandis que le freudisme ou le marxisme ne peuvent que donner des explications <em>a posteriori</em>, la théorie d’Einstein est, elle, capable de prédire des événements.</p>
<p><strong>Pour Popper, l’irréfutabilité est donc un vice et en aucun cas une vertu.</strong> Sa solution au « problème de l’induction de Hume », indique que la science évolue par déductivisme et non par vérificationnisme<a href="#_ftn2">[1]</a>. Elle ne progresse pas par <em>induction</em>, car l’observation n’est jamais neutre, et que l’esprit n’est pas « seau » (i.e., il n’est pas un simple « réceptacle » aux données des sens)<a href="#_ftn3">[2]</a>.</p>
<p>Toute observation est au contraire imprégnée d’attentes, ce ne sont donc pas les faits qui viennent en premiers mais les théories. De plus, l’homme étant faillible et sujet à l’erreur, les théories qu’il émet ne peuvent être que <em>conjecturales</em>.</p>
<p>Les lois que « découvre » le scientifique n’ont ainsi aucune raison <em>a priori </em>d’être éternelles ou universelles. <strong>Ses théories ne pourront jamais être vérifiées<em> </em>; elles seront, au mieux, confortées par l’expérience.</strong> Cette révolution épistémologique implique que l’essentiel de la tâche du scientifique est de se débarrasser des conceptions erronées.</p>
<p>L’expérimentation qui, chez les Néo-positivistes, permettait la vérification des théories, se transforme dans l’épistémologie falsificationniste en un « couperet logique » voué à l’élimination de l’erreur.</p>
<p>Le critère de démarcation poppérien pose donc que <strong>la <em>pseudo-science</em> est <em>irréfutable</em>, tandis que la <em>science</em> est <em>réfutable</em> et cependant <em>non</em> <em>réfutée</em>.</strong></p>
</p>
<hr size="1" /><a href="#_ftnref1"></a>
</p>
<p><a href="#_ftnref2"><span style="font-size: xx-small">[1]</span></a><span style="font-size: xx-small"> Voir notamment POPPER Karl R., « La Connaissance conjecturale : ma solution au problème de l’induction », in<em> <a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2081233649?ie=UTF8&amp;tag=848159223-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=6746&amp;creativeASIN=2081233649" rel="nofollow" target="_blank">La Connaissance objective</a></em>, op. cit., pp. 39-78.</span></p>
<p><a href="#_ftnref3"><span style="font-size: xx-small">[2]</span></a><span style="font-size: xx-small"> Voir notamment POPPER Karl R., « Les deux visages du sens commun : une argumentation en faveur du réalisme du sens commun et contre la théorie de la connaissance du sens commun », <em>in</em> <a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2081233649?ie=UTF8&amp;tag=848159223-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=6746&amp;creativeASIN=2081233649" rel="nofollow" target="_blank">op. cit</a>., pp. 83-178.</span></p>
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		<title>L&#8217;irr&#233;futabilit&#233; du darwinisme selon Karl Popper</title>
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		<pubDate>Sat, 22 May 2010 15:56:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<category><![CDATA[adaptation]]></category>
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		<description><![CDATA[Pour Karl Popper, le principal problème de la théorie darwinienne est son caractère tautologique, irréfutable. Elle veut expliquer des phénomènes tels que l’adaptation ou la biodiversité, mais elle ne peut jamais le faire qu’a posteriori, une fois qu&#8217;ils existent déjà. Elle ne formule aucune prédiction concrète, si ce n’est celle de « l’occurrence de petits [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p></p><p>Pour Karl Popper, le principal problème de la théorie darwinienne est son caractère tautologique, <em>irréfutable</em>. Elle veut expliquer des phénomènes tels que l’adaptation ou la biodiversité, mais elle ne peut jamais le faire qu’<em>a posteriori</em>, une fois qu&#8217;ils existent déjà. Elle ne formule aucune prédiction concrète, si ce n’est celle de « l’occurrence de petits changements, chacun dû à une mutation.<a href="#_ftn1_9326" name="_ftnref1_9326">[1]</a> ».</p>
<p>En d&#8217;autres termes, on peut donc la qualifier d&#8217;infalsifiable &#8211; elle ne peut pas être testée &#8211; une caractéristique commune à toutes les <em>pseudo-sciences</em>.</p>
<p>Dans <em>La Quête inachevée</em>, Karl Popper illustre cette difficulté, cette impression que, quoi qu&#8217;il arrive, c&#8217;est toujours la même interprétation qui prévaut :</p>
<blockquote><p><em>Supposons que, sur Mars, on trouve une vie consistant en exactement trois espèces de bactéries à l’équipement génétique semblable à celui de trois espèces terrestres. Le darwinisme est-il alors réfuté ? En aucun cas. On dira que ces trois espèces étaient les seules formes suffisamment bien adaptées pour survivre, parmi le grand nombre de mutants. On dira la même chose s’il n’y a qu’une espèce (ou s’il n’y en a aucune). Donc le darwinisme ne prédit pas véritablement l’évolution de la variété des espèces. C’est pourquoi il ne peut véritablement l’expliquer.</em><a href="#_ftn2_9326" name="_ftnref2_9326"><em>[2]</em></a></p>
</blockquote>
<p>On ne peut certes tester la théorie de Darwin<a href="#_ftn3_9326" name="_ftnref3_9326">[3]</a>, mais ceci justifie-t-il qu’on la rejette dans la catégorie des théories <em>pseudoscientifiques</em> ?</p>
<p>Cela n&#8217;empêche pas le philosophe de remarquer que (bien qu’infalsifiable), le darwinisme est à l’origine de découvertes majeures dans l’histoire de la biologie. Et qu’elle constitue également une théorie largement préférable à celle des Créationnistes !</p>
<p>En conséquence, il ne faut pas lui dénier toute scientificité. Son grand pouvoir de description légitime qu’on la classe dans la catégorie des « <a href="http://www.karl-popper.com/le-darwinisme-comme-programme-de-recherche-metaphysique/" target="_blank">programmes de recherches métaphysiques</a> », ces théories qui, sans répondre au <a href="http://www.karl-popper.com/le-critere-de-demarcation-popperien/" target="_blank">critère de démarcation poppérien</a>, ont permis à la science de réaliser des avancées décisives en servant de <em>cadre</em> à la recherche et à l&#8217;élaboration de théories légitimement scientifiques car testables.</p>
</p>
<hr size="1" /><a href="#_ftnref1_9326" name="_ftn1_9326"><span style="font-size: xx-small">[1]</span></a><span style="font-size: xx-small"> « <em>La progressivité est donc la prédiction centrale de la théorie. (Elle semble même être sa seule prédiction.)</em> […] <em>la théorie prédit l’occurrence de petits changements, chacun dû à une mutation.</em> », POPPER Karl R., <em><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2266028146?ie=UTF8&amp;tag=848159223-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=6746&amp;creativeASIN=2266028146" rel="nofollow" target="_blank">La Quête inachevée</a></em><em>, </em>op. cit., p. 243. </span>
</p>
<p><a href="#_ftnref2_9326" name="_ftn2_9326"><span style="font-size: xx-small">[2]</span></a><span style="font-size: xx-small"> Op. cit., p.241.</span></p>
<p><a href="#_ftnref3_9326" name="_ftn3_9326"><span style="font-size: xx-small">[3]</span></a><span style="font-size: xx-small"> Certains biologistes ont néanmoins tenté de tester les différentes théories transformistes (lamarckienne et darwiniennes), et ce bien que les faits qu’elles décrivent s’étendent sur une échelle temporelle considérablement supérieure à celle de l’expérience humaine. Weismann, par exemple, mutila des générations d’animaux dans le but de déterminer le rôle des « caractères acquis » (Cf. WEISMANN August, « <em>Über die Hypothese einer Verebung von Verletzungen</em> » « La prétendue transmission héréditaire des mutilations », conférence donnée en septembre 1868, Iéna, G. Fischer, 1889. Cité dans l’article de LENAY Charles, « Weismann August Friedrich Leopold, 1834-1914 », in <em>Dictionnaire du Darwinisme et de l’évolution</em>, op. cit., p. 4616). Bernard Kettlewell, par le test du « mélanisme industriel » des phalènes du boulot, voulu apporter la preuve expérimentale de l’existence de la sélection naturelle. Ces deux types de tests n’apportèrent cependant pas les résultats escomptés. Pour respecter les postulats de l’hypothèse lamarckienne, Weismann aurait de toutes façons dû effectuer ses mutilations sur des milliers, voire des millions de générations. Et Jean Gayon rapportait dans un article récent (GAYON Jean, « Le Papillon de Darwin », in<em> Sciences et Avenir</em> Hors-Série n° 142, Paris, Avril-Mai 2005, pp. 34-39) que, si le test du « mélanisme industriel » avait longtemps tenu pour preuve de l’existence de la sélection naturelle, l’expérience était en passe de devenir un « mythe scientifique ».</span></p>
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		<title>La progression de la science par &#171; essais &#187; et &#171; &#233;limination de l&#8217;erreur &#187;</title>
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		<pubDate>Sat, 22 May 2010 15:51:11 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[La démarche critique est celle qui, pour Karl Popper, amène un quelconque progrès. Elle procède par "essai" et "élimination de l'erreur".]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p></p><p>Karl Popper s’est toujours efforcé d’appliquer la démarche critique à tous les niveaux de la connaissance. </p>
<p>Comme le remarque Renée Bouveresse, il est intéressant de noter que le philosophe fut toujours un penseur polémique : il s’exprima sur un grand nombre de sujets pour y apporter son point de vue critique, et il ne produisit peu de « grandes œuvres » (la plupart de ses ouvrages publiés sont des recueils d’articles et de conférences).</p>
<p>Il s’agit là d’un des points communs avec l’œuvre d’un autre philosophe, Samuel Butler (1835-1902), auquel Popper voua une grande admiration. Il l’invoque souvent lorsqu’il est question de théorie de l’évolution et, plus particulièrement, lorsqu’il traite des « tendances évolutives » des organismes (qui relèvent de l’<a href="http://www.karl-popper.com/la-loi-d-orthogenese-de-gustav-eimer/" target="_blank">orthogenèse</a>) . </p>
<p>Quoi qu’il en soit, il existe entre ces deux penseurs plus d’une similitude pour expliquer, peut-être, la sympathie du Popper pour son ainé (il dit qu’il le considère comme « <em>l’un des plus grands philosophes anglais</em><a href="#_ftn1_2726" name="_ftnref1_2726">[1]</a> » ou encore que « <em>la plupart des philosophes évolutionnistes ne [l’ont] pas impressionné –à l’exception de Samuel Butler</em><a href="#_ftn2_2726" name="_ftnref2_2726">[2]</a> »). </p>
<p>Butler et Popper se sont évertués à donner des points de vue critiques sur les théories de leurs contemporains, au nom du progrès scientifique et philosophique. Cela leur a valu de se brouiller parfois violemment avec certains d’entre eux, Butler avec Darwin<a href="#_ftn3_2726" name="_ftnref3_2726">[3]</a>, et Popper avec Wittgenstein<a href="#_ftn4_2726" name="_ftnref4_2726">[4]</a>. L’un et l’autre de ces célèbres penseurs viennois se considéraient respectivement comme « un idiot » et « un fou . </p>
<p>Autre point commun majeurs entre les deux philosophes, tous deux apportèrent des conjectures à la théorie darwinienne qui restèrent (très) largement ignorées. Dans son coin, Butler se pensa être victime d’un véritable complot<a href="#_ftn5_2726" name="_ftnref5_2726">[5]</a>, tandis que Popper ne vit dans le rejet de sa conjecture qu’une raison de plus de penser que les néo-darwiniens étaient beaucoup trop dogmatiques<a href="#_ftn6_2726" name="_ftnref6_2726">[6]</a>, « <em>presque aveugles</em><a href="#_ftn7_2726" name="_ftnref7_2726">[7]</a> » aux « innombrables difficultés<a href="#_ftn8_2726" name="_ftnref8_2726">[8]</a> » de leur théorie<a href="#_ftn9_2726" name="_ftnref9_2726">[9]</a>.</p>
<p>Si l’attitude intrinsèquement critique de Popper eut de quoi irriter plus d’un de ces collègues (qui estimaient que ses reproches n’étaient pas toujours justifiés), on doit néanmoins la considérer comme une mise en pratique des préceptes de sa philosophie des sciences ; une <i>praxis</i> dont le principal <i>leitmotiv</i> serait le suivant : le primat accordé à l’élimination de l’erreur est ce qui permet de faire progresser la connaissance. </p>
<p>Ce n’est probablement pas sans raison que le philosophe fit sienne cette citation du peintre Albrecht Dürer : </p>
<blockquote><p><i>Puisse maintenant le peu que j’ai compris sortir au grand jour, afin qu’un plus savant que moi soit en mesure de découvrir la vérité, et que par son œuvre il puisse prouver mon erreur et m’en faire reproche. Alors je me réjouirai d’avoir été l’instrument par lequel la vérité est advenue à la lumière.</i><a href="#_ftn10_2726" name="_ftnref10_2726">[10]</a></p>
</blockquote>
<p>Il faut encore remarquer qu’en ce qui concerne la méthode critique, le philosophe ne s’épargnait pas lui-même. Ses textes y étaient soumis à un point tel que son ami Petersen s’est demandé si sa méthode par essais et élimination de l’erreur ne lui était pas venue de son mode d’écriture<a href="#_ftn11_2726" name="_ftnref11_2726">[11]</a>. Il qualifiait de « palimpsestes » les productions de l’épistémologue, tandis que Miller, un autre membre de son entourage, voyait en Popper un « cannibale impénitent<a href="#_ftn12_2726" name="_ftnref12_2726">[12]</a> » de ses propres textes, tant il procédait à d’interminables corrections et ajouts, parfois même lorsqu’ils étaient sur le point d’être imprimés<a href="#_ftn13_2726" name="_ftnref13_2726">[13]</a>.</p>
<p>Popper fut enfin le grand chantre de l’approche critique de la connaissance, qu’il déploya aussi bien dans le fond (i.e., dans l’approche évolutionniste de la connaissance) que dans la forme (i.e., par sa méthode d’écriture<a href="#_ftn14_2726" name="_ftnref14_2726">[14]</a> et ses corrections incessantes). Pour le Karl Popper, cette approche constitue le meilleur moyen d’améliorer notre connaissance du monde, en nous permettant de nous départir de nos conceptions erronées<a href="#_ftn15_2726" name="_ftnref15_2726">[15]</a>. Dans le domaine empirique, le scientifique doit systématiquement reconnaître qu’une théorie a été falsifiée et ne pas s’encombrer d’hypothèse <i>ad hoc</i>. </p>
<p>La critique agit comme une des formes de la sélection naturelle – une sélection non plus des organismes sur la base de leur habilité à survivre mais des hypothèses et des théories scientifiques sur la base de leur capacité à “survivre” à l’expérience.</p>
<hr align="left" size="1" width="33%" />
<p><a href="#_ftnref1_2726" name="_ftn1_2726"><font size="1">[1]</font></a><font size="1"> POPPER Karl R., <i><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2081233649?ie=UTF8&amp;tag=848159223-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=6746&amp;creativeASIN=2081233649" rel="nofollow" target="_blank">La Connaissance objective</a></i><i></i>, op. cit., p. 360.</font></p>
<p><a href="#_ftnref2_2726" name="_ftn2_2726"><font size="1">[2]</font></a><font size="1"> POPPER Karl R., <i><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2266028146?ie=UTF8&amp;tag=848159223-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=6746&amp;creativeASIN=2266028146" rel="nofollow" target="_blank">La Quête inachevée</a></i><i></i>, op. cit., p. 236.</font></p>
<p><a href="#_ftnref3_2726" name="_ftn3_2726"><font size="1">[3]</font></a><font size="1"> Voir LA VERGATA Antonello, <i>trad</i>. TORT Patrick, « BUTLER Samuel 1835-1902 » in TORT Patrick (sous la direction de), <i><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2130464793?ie=UTF8&amp;tag=848159223-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=6746&amp;creativeASIN=2130464793" rel="nofollow" target="_blank">Le Dictionnaire du Darwinisme et de l’évolution</a></i>, op. cit., pp. 481-482.</font></p>
<p><a href="#_ftnref4_2726" name="_ftn4_2726"><font size="1">[4]</font></a><font size="1"> Popper rapporte l’épisode au cours duquel Wittgenstein, qui l’avait invité à prononcer une conférence, en vint à le menacer avec un tisonnier. POPPER Karl R., <i><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2266028146?ie=UTF8&amp;tag=848159223-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=6746&amp;creativeASIN=2266028146" rel="nofollow" target="_blank">La Quête inachevée</a></i><i></i>, op. cit., p. 171-172. Bertrand Russel, également présent lors de la conférence, rapporte l’événement –devenu quasi-légendaire- dans son <i>Autobiographie intellectuelle</i>. Un livre est entièrement consacré à l’étude de cet épisode et de ses origines : EDMONDOUS David &amp; EIDINOW John, <i>Wittgenstein’s Poker : The Story of a Ten-minute Argument between Two Great Philosophers</i>, New York, Harper Collins Publishers, 2001. Sur les relations houleuses de Popper avec ses collègues et/ou anciens étudiants, voir BRUDNY Michelle-Irène, <em><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2246506816?ie=UTF8&amp;tag=848159223-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=6746&amp;creativeASIN=2246506816" rel="nofollow" target="_blank">Karl Popper, un philosophe heureux</a></em>, pp. 209-210. La biographe explique que ce sont ces relations orageuses qui poussèrent Popper à placer en exergue de son autobiographie intellectuelle la citation suivante, extraite du <i>Zoo du docteur Doolittle</i> de Hugh Lofting : « <i>Que laisser de côté et que garder ? C’est tout le problème.</i> » (sous-entendu : « <i>Qui</i> laisser de côté et <i>qui</i> garder ? ») Cf. POPPER Karl R., op. cit., p. 5.</font></p>
<p><a href="#_ftnref5_2726" name="_ftn5_2726"><font size="1">[5]</font></a><font size="1"> Voir LA VERGATA Antonello, <i>trad</i>. TORT Patrick, <i>in </i><i><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2130464793?ie=UTF8&amp;tag=848159223-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=6746&amp;creativeASIN=2130464793" rel="nofollow" target="_blank">Le Dictionnaire du Darwinisme et de l’évolution</a></i>, pp. 482.</font></p>
<p><a href="#_ftnref6_2726" name="_ftn6_2726"><font size="1">[6]</font></a><font size="1"> Cf. HULL David L., op. cit., p. 490.</font></p>
<p><a href="#_ftnref7_2726" name="_ftn7_2726"><font size="1">[7]</font></a><font size="1"> POPPER Karl R., <i><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2081233649?ie=UTF8&amp;tag=848159223-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=6746&amp;creativeASIN=2081233649" rel="nofollow" target="_blank">La Connaissance objective</a></i><i></i>, op. cit., note 1 p. 404 (datant donc de l’édition augmentée de 1979).</font></p>
<p><a href="#_ftnref8_2726" name="_ftn8_2726"><font size="1">[8]</font></a><font size="1"> Ibidem.</font></p>
<p><a href="#_ftnref9_2726" name="_ftn9_2726"><font size="1">[9]</font></a><font size="1"> Il est également à remarquer que Popper prit la défense de Butler, en estimant qu’il avait été victime d’une « <i>grave injustice</i> » de la part de Darwin.</font></p>
<p><a href="#_ftnref10_2726" name="_ftn10_2726"><font size="1">[10]</font></a><font size="1"> POPPER Karl R. <i><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2905372605?ie=UTF8&amp;tag=848159223-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=6746&amp;creativeASIN=2905372605" rel="nofollow" target="_blank">Un Univers de Propensions</a></i>, op. cit., p. 77. On la trouve également placée en exergue de POPPER Karl R., <i><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2743603305?ie=UTF8&amp;tag=848159223-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=6746&amp;creativeASIN=2743603305" rel="nofollow" target="_blank">Des Sources de la connaissance et de l’ignorance</a></i> (1963)<i>, </i>Paris, Rivage, 1998.</font></p>
<p><a href="#_ftnref11_2726" name="_ftn11_2726"><font size="1">[11]</font></a><font size="1"> BRUDNY Michelle-Irène, <em><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2246506816?ie=UTF8&amp;tag=848159223-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=6746&amp;creativeASIN=2246506816" rel="nofollow" target="_blank">Karl Popper, un philosophe heureux</a></em>., p. 171.</font></p>
<p><a href="#_ftnref12_2726" name="_ftn12_2726"><font size="1">[12]</font></a><font size="1"> Op. cit., p. 67.</font></p>
<p><a href="#_ftnref13_2726" name="_ftn13_2726"><font size="1">[13]</font></a><font size="1"> C’est ce qui explique, entre autres, que la traduction anglaise de la <i>Logik</i><i> der Forschung</i> (1934) fut si tardive (1959).</font></p>
<p><a href="#_ftnref14_2726" name="_ftn14_2726"><font size="1">[14]</font></a><font size="1"> Popper explique qu’il a besoin de poser par écrits ses réflexions pour mieux les corriger, là où Russel, par exemple, semble effectuer ce travail critique mentalement, au fur et à mesure qu’il écrit. Cette démarche tétradique constitue donc aussi la forme privilégiée de l’élaboration des œuvres de pensée de Karl Popper.</font></p>
<p><a href="#_ftnref15_2726" name="_ftn15_2726"><font size="1">[15]</font></a><font size="1"> Le philosophe reconnaît néanmoins, ainsi que nous l’avons mentionné, l’importance des « <i>hypothèse aventureuses, voire aventurées</i> » dans le domaine du progrès scientifique : celles-ci doivent seulement pouvoir être soumises au « <i>moyen de contrôle</i> » de l’évolution de nos connaissances que représente l’expérimentation.</font></p>
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		<title>L&#8217;identité de la vie et de la connaissance dans la pensée de Karl Popper</title>
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		<pubDate>Sat, 22 May 2010 15:42:33 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Pour Karl Popper, l'apparition de la vie et celle de la connaissance coïncident. Le philosophe explique pourquoi "le savoir est contemporain de la vie".]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p></p><p style="text-align: justify;">L’hypothèse poppérienne selon laquelle l’évolution procède par l’établissement successif de nouvelles « connaissances <em>a priori</em> » sur l’environnement, s’applique aussi à l’apparition de la vie en tant que telle.</p>
<p style="text-align: justify;">Karl Popper l’explique en 1986, lors d’une conférence intitulée « La position gnoséologique de la théorie évolutionnaire de la connaissance<a name="_ftnref1_8797" href="#_ftn1_8797"></a>[1] ». Pour illustrer cette idée, le philosophe procède à une expérience de pensée.</p>
<p style="text-align: justify;">Imaginons, dit-il, que l’on puisse, dans un tube à essai, créer la vie « <em>sous forme d’un ou de plusieurs gènes ; admettons que nous ayons un gène relativement simple dont la duplication s’effectue.</em><a name="_ftnref2_8797" href="#_ftn2_8797"></a>[2] » Cette éventualité est hautement improbable, parce que le tube à essai constitue un environnement très pauvre et qu’il n’y a « <em>aucune raison de penser que cette vie est adaptée à un test-tube</em><a name="_ftnref3_8797" href="#_ftn3_8797"></a>[3] ». Il faudrait au contraire « adapter <em>l’environnement pour la vie</em> » : en installant un « <em>supermarché</em> », afin qu’elle puisse se nourrir, un « <em>système d’évacuation des eaux sales</em> », et des « <em>écoles</em> » (« <em>pour éloigner les enfants : le but véritable des écoles</em><a name="_ftnref4_8797" href="#_ftn4_8797"></a>[4] »).</p>
<p style="text-align: justify;">Par cette expérience mentale, Popper veut attirer l’attention sur deux faits.</p>
<p style="text-align: justify;">. Premièrement, « sur le fait que la simple apparition de la vie ne résout aucun problème<a name="_ftnref5_8797" href="#_ftn5_8797"></a>[5] » : comment expliquer, en effet, que la vie soit adaptée à son environnement ?</p>
<p style="text-align: justify;">. Deuxièmement, sur « <em>l’improbabilité de la coïncidence de la vie avec un environnement possible pour elle</em><a name="_ftnref6_8797" href="#_ftn6_8797"></a>[6] ». Ainsi peut-il dire :</p>
<blockquote><p><em>Je pense que la vie a du naître des millions de fois, avant de trouver un environnement auquel elle était adaptée. Que la vie soit née d’un contexte chimique tel ou tel, que nous ignorons, ne signifie pas du tout qu’elle soit apparue dans un environnement dans lequel elle pouvait subsister.</em><a name="_ftnref7_8797" href="#_ftn7_8797"></a><em>[7]</em></p></blockquote>
<p style="text-align: justify;">La conclusion que Popper tire de son expérience nous amène à l’hypothèse de la naissance simultanée de la vie et de la connaissance. Pour le philosophe, l’adaptation (de la vie à son environnement) représente en effet « <em>une espèce de connaissance</em><a name="_ftnref9_8797" href="#_ftn9_8797"></a>[9] » :</p>
<blockquote><p><em>Dès le début, c’est-à-dire a priori, la vie doit savoir à peu près autant sur le milieu, que, dans notre expérience mentale, nous devions savoir sur la vie et sur ses besoins, afin qu’elle puisse subsister : l’adaptation est une forme de savoir a priori.</em><a name="_ftnref10_8797" href="#_ftn10_8797"></a><em>[10]</em></p></blockquote>
<p style="text-align: justify;">Ce type de connaissances est le plus général qui soit ; il représente les caractères indispensables à la vie et s’apparente à ce que Pierre-Paul Grassé désigne comme les caractères « nécessaires » de la vie<a name="_ftnref11_8797" href="#_ftn11_8797"></a>[11].</p>
<p style="text-align: justify;">Pour Karl Popper, il s’agit là d’une « connaissance générale » :</p>
<blockquote><p><em>Je pars donc de l’idée que, dès son origine, la vie a dû développer une anticipation des conditions durables de vie. Et elle ne devait pas seulement être adaptée à ces conditions momentanément, mais sur une certaine période. […]</em></p></blockquote>
<blockquote><p><em>Nous arrivons donc à la conclusion suivante : dès le début, la vie doit anticiper d’une certaine façon l’avenir du milieu, c’est-à-dire toutes ses conditions futures. </em></p>
<p><em>Il en va peut-être d’heures seulement, peut-être de millions d’années. La vie doit être adaptée aux conditions futures du milieu ; dans cette mesure, le savoir général est antérieur au savoir du moment, au savoir particulier. </em></p>
<p><em>La vie doit avoir été dotée dès le départ d’un savoir général : le savoir que nous appelons communément la connaissance des lois de la nature.</em><a name="_ftnref12_8797" href="#_ftn12_8797"></a><em>[12]</em></p></blockquote>
<p style="text-align: justify;">C’est en se référant à cette conception que le philosophe peut affirmer que « <em>l’origine et l’évolution de la connaissance coïncident avec l’origine et l’évolution de la vie</em><a name="_ftnref13_8797" href="#_ftn13_8797"></a>[13] » :</p>
<blockquote><p><em>Un être vivant ne peut exister, et ne peut survivre, que s’il est dans une certaine mesure adapté à son milieu. On peut donc dire que le savoir –un savoir très primitif, naturellement- est contemporain de la vie.</em><a name="_ftnref14_8797" href="#_ftn14_8797"></a><em>[14]</em></p></blockquote>
<hr align="left" size="1" width="33%" />
<p style="text-align: justify;"><a name="_ftn1_8797" href="#_ftnref1_8797"></a><span style="font-size: xx-small;">[1]</span><span style="font-size: xx-small;"> POPPER Karl R., <em><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2742713492?ie=UTF8&amp;tag=848159223-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=6746&amp;creativeASIN=2742713492" rel="nofollow" target="_blank">Toute vie est résolution de problèmes</a>, </em>op. cit., pp. 139-158.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><a name="_ftn2_8797" href="#_ftnref2_8797"></a><span style="font-size: xx-small;">[2]</span><span style="font-size: xx-small;"> Op. cit., p. 144.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><a name="_ftn3_8797" href="#_ftnref3_8797"></a><span style="font-size: xx-small;">[3]</span><span style="font-size: xx-small;"> Ibidem.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><a name="_ftn4_8797" href="#_ftnref4_8797"></a><span style="font-size: xx-small;">[4]</span><span style="font-size: xx-small;"> Ibidem.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><a name="_ftn5_8797" href="#_ftnref5_8797"></a><span style="font-size: xx-small;">[5]</span><span style="font-size: xx-small;"> Ibidem.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><a name="_ftn6_8797" href="#_ftnref6_8797"></a><span style="font-size: xx-small;">[6]</span><span style="font-size: xx-small;"> Op. cit., p. 145.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><a name="_ftn7_8797" href="#_ftnref7_8797"></a><span style="font-size: xx-small;">[7]</span><span style="font-size: xx-small;"> Ibidem.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><a name="_ftn8_8797" href="#_ftnref8_8797"></a><span style="font-size: xx-small;">[8]</span><span style="font-size: xx-small;"> Ernst Mayr dit que considérer la vie comme une entité séparable des processus vitaux relève de la réification, et constitue un « <em>grand danger</em> » épistémologique. MAYR Ernst, <em><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2213018944?ie=UTF8&amp;tag=848159223-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=6746&amp;creativeASIN=2213018944" rel="nofollow" target="_blank">Histoire de la biologie. Diversité, évolution et hérédité</a></em>, p. 115.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><a name="_ftn9_8797" href="#_ftnref9_8797"></a><span style="font-size: xx-small;">[9]</span><span style="font-size: xx-small;"> POPPER Karl R., <em>Toute vie est résolution de problèmes</em>, op. cit., p. 145.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><a name="_ftn10_8797" href="#_ftnref10_8797"></a><span style="font-size: xx-small;">[10]</span><span style="font-size: xx-small;"> Op. cit., pp. 145-146.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><a name="_ftn11_8797" href="#_ftnref11_8797"></a><span style="font-size: xx-small;">[11]</span><span style="font-size: xx-small;"> Pierre-Paul Grassé estime que c’est un truisme de dire que le premier être vivant, « <em>formé de matériaux prébiotiques, satisfaisait pleinement aux conditions « nécessaires » à la vie, conditions immuables et réalisées dans les deux Règnes.</em> », GRASSE Pierre-Paul, <em><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/B0000DOG02?ie=UTF8&amp;tag=848159223-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=6746&amp;creativeASIN=B0000DOG02" rel="nofollow" target="_blank">L&#8217; évolution du vivant. Matériaux pour une nouvelle théorie transformiste</a></em>, p.289. « <em>La biogenèse étant réalisée, l’évolution n’a plus porté sur l’absolu mais sur le contingent ; </em>autrement dit : au nécessaire s’est substitué l’utile. », ibidem. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><a name="_ftn12_8797" href="#_ftnref12_8797"></a><span style="font-size: xx-small;">[12]</span><span style="font-size: xx-small;"> POPPER Karl R., <em>Toute vie est résolution de problèmes</em>,<em> </em>op. cit., pp. 146-147.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><a name="_ftn13_8797" href="#_ftnref13_8797"></a><span style="font-size: xx-small;">[13]</span><span style="font-size: xx-small;"> POPPER Karl R., <em><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2905372605?ie=UTF8&amp;tag=848159223-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=6746&amp;creativeASIN=2905372605" rel="nofollow" target="_blank">Un univers de propensions</a>, </em>op. cit., p. 63.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><a name="_ftn14_8797" href="#_ftnref14_8797"></a><span style="font-size: xx-small;">[14]</span><span style="font-size: xx-small;"> Op. Cit., pp. 62-63.</span></p>
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		<title>Des &#171; horloges &#187; et des &#171; nuages &#187; : les syst&#232;mes physiques selon Karl Popper</title>
		<link>http://www.karl-popper.com/des-horloges-et-des-nuages-les-systemes-physiques-selon-karl-popper/</link>
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		<pubDate>Sat, 22 May 2010 15:32:33 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Karl Popper distingue deux types de systèmes physiques : les "horloges" (mécaniques et déterministes) et les "nuages" (nébuleux et imprédictibles).]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p></p><p>Pour Karl Popper, il existe deux types de systèmes physiques : les « nuages », qui sont imprédictibles (ce sont par exemple, les gaz, au sein desquels on ne peut prédire le mouvement des molécules), et les « horloges », qui sont parfaitement régulières et prédictibles (par exemple, le système solaire).</p>
<p>L’épistémologue imagine une frise aux bouts de laquelle on placerait, à gauche les nuages, à droite les horloges. Voici quelques uns des systèmes que l’on pourrait y placer :</p>
<blockquote><p><em>Le cycle des saisons est une horloge pas très fiable ; on peut donc le situer quelque part sur la droite, mais pas trop loin. Nous serons facilement d’accord, je suppose, pour disposer les animaux pas trop loin des nuages, sur la gauche, et les plantes un peu plus près des horloges. Entre les animaux, il nous faudra distinguer et placer un jeune chiot plus à gauche qu’un vieux chien. […] Et, peut-être à l’extrême droite, faudrait-il placer le système solaire.</em><a href="#_ftn1_4587" name="_ftnref1_4587"><em>[1]</em></a></p>
</blockquote>
<p>La physique newtonienne a inséminé l’idée que tous les systèmes physiques sont des horloges, et que les nuages ne sont en fait que des horloges mal connues. Selon cette conception, un physicien disposant de toutes les informations nécessaires aurait pu prédire au soupir près la composition de chaque œuvre de Mozart.</p>
<p>Cette idée, dit Popper, en plus d’être effrayante, est absurde – et ce bien qu’elle ait séduit nombre de philosophes et séduise toujours la majorité des physiciens.</p>
<p>Pour Popper, le monde n’est ainsi pas une « horloge parfaite », et il attribue à Charles Sanders Peirce le mérite d’avoir rejeté le premier cette idée, en 1892.</p>
<p>L’épistémologue s’inscrit donc dans la lignée de pensée indéterministe, qui veut que « toutes les horloges sont des nuages ; ou en d’autres termes, que seuls les nuages existent<a href="#_ftn2_4587" name="_ftnref2_4587">[2]</a> ». Une tradition de pensée qui fut longtemps ignorée, précise-t-il, du moins jusqu’à ce que les découvertes en physique quantique n’obligent les physiciens à réviser leurs conceptions sur la causalité.</p>
<p>Pour illustrer sa conception des « nuages », Popper prend l’exemple d’un essaim de moucherons. Sans qu’il n’y ait ni leader ni structure, il forme un « tout » résultant de la conjonction de deux facteurs :</p>
<blockquote><p>[…] <em>chaque moucheron fait exactement ce qui lui plaît, sans loi, au hasard, et aucun d’eux n’aime s’écarter trop loin de ses camarades.</em><a href="#_ftn3_4587" name="_ftnref3_4587">[3]</a></p>
</blockquote>
<p>Ce qui caractérise l’essaim, c’est donc un système de « contrôle plastique » (nébuleux), par opposition à un « contrôle rigide » (mécanique).</p>
<p>Cette notion de « contrôle plastique », « <em>qui laisse une certaine liberté à ce qu’il contrôle, tout en maintenant une norme constante</em><a href="#_ftn4_4587" name="_ftnref4_4587">[4]</a> » est ce qui va permettre au penseur de résoudre le problème de Compton et de proposer sa nouvelle définition de l’organisme…</p>
</p>
<hr size="1" /><a href="#_ftnref1_4587" name="_ftn1_4587"><font size="1">[1]</font></a><font size="1"> POPPER Karl R., <em><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2081233649?ie=UTF8&amp;tag=848159223-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=6746&amp;creativeASIN=2081233649" rel="nofollow" target="_blank">La Connaissance objective</a></em><em></em>, op.cit., pp. 321-322.</font>
</p>
<p><a href="#_ftnref2_4587" name="_ftn2_4587"><font size="1">[2]</font></a><font size="1"> Op. cit., p. 328.</font></p>
<p><a href="#_ftnref3_4587" name="_ftn3_4587"><font size="1">[3]</font></a><font size="1"> Op. cit., p. 323.</font></p>
<p><a href="#_ftnref4_4587" name="_ftn4_4587"><font size="1">[4]</font></a><font size="1"> BOUVERESSE Renée,<em> <a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2711600874?ie=UTF8&amp;tag=848159223-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=6746&amp;creativeASIN=2711600874" rel="nofollow" target="_blank">Karl Popper ou le rationalisme critique</a></em>, Paris, Vrin, 1998, p. 133.</font></p>
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		<title>Le darwinisme comme &#8220;programme de recherche m&#233;taphysique&#8221;</title>
		<link>http://www.karl-popper.com/le-darwinisme-comme-programme-de-recherche-metaphysique/</link>
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		<pubDate>Sat, 22 May 2010 15:17:54 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Lorsque Karl Popper a qualifié le darwinisme de "programme de recherche métaphysique", il ne soupçonnait sans doute pas l'ampleur de la réaction provoquée par cette déclaration...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p></p><h2>La controverse du British Museum</h2>
<p>Lorsque Popper émit l’idée que le darwinisme constituait un “programme de recherche métaphysique”, il est probable qu’il était loin d’envisager les controverses qu’il était sur le point d’engendrer.</p>
<p>Certains de ses propos sur l’épistémologie de la biologie avaient déjà prêté à polémique, mais c’était dans une bien moindre mesure à ce qui s’ensuivit après que le philosophe ait réuni au sein d’une même phrase les mots « sélection<em> </em>naturelle » et « métaphysique »&#8230;</p>
<p>Ce cocktail devint incontestablement explosif lorsque le British Muséum d’Histoire Naturelle l’utilisa pour justifier certains choix épistémologiques en faveur des conceptions cladistes et saltationniste de l’évolution<a href="#_ftn1_6725" name="_ftnref1_6725">[1]</a>.</p>
<p>Certains propos outragèrent des scientifiques. Les responsables du musée avaient par exemple cité ce texte de Popper :</p>
<blockquote><p><em>Une théorie, même une théorie scientifique, peut devenir une mode intellectuelle, un ersatz de religion, une croyance dogmatique.</em> <a href="#_ftn2_6725" name="_ftnref2_6725">[2]</a></p>
</blockquote>
<p>Une controverse qui dura non moins de 10 ans s’ensuivit ! Lancée par L. B. Halstead<a href="#_ftn3_6725" name="_ftnref3_6725">[3]</a> et relayée par le magazine <em>Nature,</em> elle toucha au Marxisme, au Créationnisme, au Cladisme et à la nature de la théorie de l’évolution.</p>
<p>Les Créationnistes, notamment, utilisèrent les propos de Karl Popper pour raviver le foyer théorique de leur lutte contre les thèses évolutionnistes. Les écrits du philosophes étaient également invoqués pour soutenir des interprétations diverses dans les débats entre défenseurs et opposants au cladisme.</p>
<p>Ce remue-ménage finit par pousser le philosophe à intervenir. En octobre 1991, la rédaction de <em>The New Scientist</em>, ayant alors pris le relais du magazine <em>Nature</em> pour se faire le forum des discussions<a href="#_ftn4_6725" name="_ftnref4_6725">[4]</a>, vit parvenir jusqu’à ces bureaux une lettre de Sir Karl Popper dans laquelle celui-ci tâchait de clarifier ses vues :</p>
<blockquote><p><em>Certaines personnes pensent que j’ai dénié le caractère scientifique des sciences historiques, telles que la paléontologie ou l’histoire de l’évolution de la vie sur terre ; ou, par exemple, de l’histoire de la littérature, des technologies, ou des sciences. </em></p>
<p><em>Ceci est une erreur, et je souhaite ici affirmer que ces sciences historiques ont à mon avis caractère scientifique : leurs hypothèses peuvent dans bien des cas être testées. </em></p>
<p><em>On dirait que certaines personnes pensent que les sciences historiques ne sont pas testables parce qu’elles décrivent des événements uniques. Néanmoins, la description de faits uniques peut souvent être testé en en dérivant des prédictions ou rétrodictions testables.</em><a href="#_ftn5_6725" name="_ftnref5_6725">[5]</a></p>
</blockquote>
<p>Précautionneux, Karl Popper évite ici toute mention du caractère infalsifiable de la théorie darwinienne.</p>
<p>Pour David L. Hull, Karl Popper aurait gagné à adopter plus tôt cette attitude. Certains de ses propos furent en effet mal interprétés. De plus, à l’époque où il parlait du darwinisme comme d’un « programme de recherche métaphysique », il était sans aucun doute « <em>conscient de l’existence d’une vaste littérature où le mot « métaphysique » est péjoratif.</em><a href="#_ftn6_6725" name="_ftnref6_6725">[6]</a> » La forte audience dont il jouissait auprès des scientifiques comme auprès du grand public, l’autorité qu’il incarnait en matière d’épistémologie, auraient du, selon Hull, s’accompagner d’un sentiment accru de « <em>responsabilité morale</em> »<a href="#_ftn7_6725" name="_ftnref7_6725">[7]</a>.</p>
<p>Certains ont en effet vu dans cette hypothèse poppérienne, une dénégation de scientificité au darwinisme. Mais ils ne sont pas dans le vrai, puisque l’emploi que fait Popper du terme « métaphysique » est tout à fait particulier. Il n’a pas, dans sa pensée, les connotations négatives que lui attribuent les Néo-positivistes<a href="#_ftn8_6725" name="_ftnref8_6725">[8]</a>.</p>
<p>Bien au contraire, l’épistémologue estime que certaines conceptions métaphysiques ont joué un grand rôle dans l’histoire de la science<a href="#_ftn9_6725" name="_ftnref9_6725">[9]</a>, et lui-même tenta d’établir une philosophie mêlant le réalisme, l’indéterminisme et l’objectivisme.</p>
<p>Croire que Popper oppose la Science à la Métaphysique résulte d’une cruelle mécompréhension de ses thèses…</p>
</p>
<hr size="1" /><a href="#_ftnref1_6725" name="_ftn1_6725"><font size="1">[1]</font></a><font size="1"> Voir HULL L. David, “The Use and Abuse of Sir Karl Popper”, <em>Biology &amp; Philosophy</em>, 14, pp. 495-499.     <br /></font><a href="#_ftnref2_6725" name="_ftn2_6725"><font size="1">[2]</font></a><font size="1"> Karl Popper cité dans THUILLIER Pierre, <em><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2870270739?ie=UTF8&amp;tag=848159223-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=6746&amp;creativeASIN=2870270739" rel="nofollow" target="_blank">Darwin &amp; C°</a></em>, Bruxelles, Editions Complexes, 1981, p. 115.     <br /></font><a href="#_ftnref3_6725" name="_ftn3_6725"><font size="1">[3]</font></a><font size="1"> HULL L. David, op. cit., p. 495.    <br /></font><a href="#_ftnref4_6725" name="_ftn4_6725"><font size="1">[4]</font></a><font size="1"> Les rédacteurs du magazine <em>Nature</em> avaient décidé de clore les débats en juillet 1991. Ce fut L. B. Halstead, qui avait lancé le débat, qui s’y exprima le dernier. Cf. HULL David L., op. cit., p. 496.</font>
<p><a href="#_ftnref5_6725" name="_ftn5_6725"><font size="1">[5]</font></a><font size="1"> Cité <em>in</em> op. cit., p. 497. « […] some people think that I have denied scientific character to the historical sciences, such as paleontology, or the history of evolution of life on Earth ; or to say, the history of literature, or of technology, or of science. This is a mistake, and I here wish to affirm that these and other historical sciences have in my opinion scientific character : their hypotheses can in many cases can be tested. It appears as if some people would think that the historical sciences are untestable because they describe unique events. However, the description of unique events can very often be tested by deriving from them testable predictions or retrodictions. »       <br /></font><a href="#_ftnref6_6725" name="_ftn6_6725"><font size="1">[6]</font></a><font size="1"> « <em>He was aware of a very large literature in which « metaphysical » is a bad word.</em> » Op. cit., p. 499.       <br /></font><a href="#_ftnref7_6725" name="_ftn7_6725"><font size="1">[7]</font></a><font size="1"> « Bien que le Créationnisme ne constituât pas à cette époque une force aussi majeure dans les Iles Britanniques que dans ses anciennes colonies, Popper devait au moins être vaguement conscient du fait que qualifier la théorie de l’évolution de programme de recherche « métaphysique » pouvait aider les Créationnistes à instaurer l’enseignement des histoires bibliques dans les classes de biologie. » (« <em>Although Creationism at the time was not the major force in British Isles that it was in the former colonies, Popper still might have been at least dimly aware that terming evolutionary theory a « metaphysical » research programme might aid Creationists in getting Bible stories taught in biology classes.</em> ») Ibidem.       <br /></font><a href="#_ftnref8_6725" name="_ftn8_6725"><font size="1">[8]</font></a><font size="1"> Popper fut longtemps considéré comme un représentant du « Cercle de Vienne ». C’est effectivement au sein de ce groupe de penseurs qu’il se fit connaître, mais en effectuant une critique radicale de leurs thèses.      <br /></font><a href="#_ftnref9_6725" name="_ftn9_6725"><font size="1">[9]</font></a><font size="1"> Cf. POPPER Karl R., <em><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2266028146?ie=UTF8&amp;tag=848159223-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=6746&amp;creativeASIN=2266028146" rel="nofollow" target="_blank">La Quête inachevée</a></em><em>, </em>op. cit., pp. 213-214.</font></p>
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		<title>La critique, une forme de s&#233;lection naturelle des th&#233;ories scientifiques</title>
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		<pubDate>Sat, 22 May 2010 15:05:11 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Pour le philosophe Karl Popper, la critique et l'expérimentation s'assimilent à une véritable sélection naturelle des théories scientifiques.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p></p><p>Les raisons du rapprochement entre le réfutationnisme et le darwinisme se trouvent dans l’importance cruciale accordée par ces deux théories à l’élimination de l’erreur.</p>
<p>Pour Karl Popper, la sélection naturelle s’assimile à un moyen de contrôle s’exerçant sur les mouvements chaotiques des niveaux inférieurs.</p>
<p>De la même manière, le philosophe estime que la faculté de critiquer nos théories (liée au langage et donc au <em>Monde</em> <em>3</em>) est ce qui permet de faire progresser les connaissances scientifiques.</p>
<p>Cette identité dans les démarches évolutives et épistémologiques est ce qui l’autorise à qualifier son épistémologie de « sélectionniste ». Le lien entre l’évolution de la vie et celle de la science se trouve donc dans le primat accordé à la démarche <em>critique</em>.</p>
<p>Pour Karl Popper, la sélection est une forme de critique et <em>vice versa</em>. Avant de voir de quelle manière le philosophe parvient à cette identité, il faut mettre en lumière la place de la démarche critique dans la pensée poppérienne.</p>
<p>Cette démarche trouve en effet de multiples applications : c’est elle qui permet quelque progrès que ce soit, en science comme en économie ou en politique. Popper estime même que c’est la faculté d’auto-critique, cette « invention du langage », qui un jour « rendra possible la paix entre les hommes.<a href="#_ftn1_5975" name="_ftnref1_5975">[1]</a> »</p>
<p>En ce qui concerne la théorie de la connaissance, la faculté d’être soumise à la critique est ce qui démarque la science de la pseudo-science : les théories n’étant jamais certaines, elle doivent pouvoir être confrontées à des expériences qui, a défaut d’établir leur vérité, permettent d’en révéler la fausseté.</p>
<p>Le <a title="Le critère de démarcation de Karl Popper" href="http://www.karl-popper.com/le-critere-de-demarcation-popperien/" target="_blank">critère de démarcation poppérien</a> se trouve donc dans la falsifiabilité des théories.</p>
</p>
<hr size="1" /><a href="#_ftnref1_5975" name="_ftn1_5975"><font size="1">[1]</font></a><font size="1"> POPPER Karl R., <em><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2905372605?ie=UTF8&amp;tag=848159223-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=6746&amp;creativeASIN=2905372605" rel="nofollow" target="_blank">Un Univers de propensions</a></em>, op. cit., p. 77.</font></p>
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		<title>La d&#233;couverte de la th&#233;orie de l&#8217;&#233;volution par le jeune Karl Popper</title>
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		<pubDate>Sat, 22 May 2010 15:01:35 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Karl Popper s'intéresse très jeune à la théorie de l'évolution de Darwin. Cette découverte précoce préfigure-t-elle de l'orientation future de sa pensée ?...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p></p><p>Certaines lectures, explique Karl Popper dans <em>Toute vie est résolution de problèmes</em>, peuvent revêtir <i>a posteriori</i> une importance fondamentale. </p>
<p>Ainsi est-il du livre <i>Vers le pôle</i> de Fridjtof Nansen, qu’il lit avant sa dixième année et qui, selon ses propres dires, lui fit prendre conscience de « <em>l’importance des hypothèses aventureuses, voire des hypothèses aventurées</em><a href="#_ftn1_6962" name="_ftnref1_6962">[1]</a> » dans le domaine du progrès scientifique. </p>
<p>On pourrait conjecturer que l’exposition précoce au darwinisme du futur philosophe a joué un rôle similaire dans l’élaboration de sa pensée. Par exemple, en lui faisant prendre conscience de la nécessité d’une confrontation des théories et hypothèses scientifiques à la réalité empirique. </p>
<p>Dans l’épistémologie falsificationniste, cette confrontation passe par la phase critique de l’acquisition du savoir qu’est l’expérimentation. Celle-ci permet d’éliminer les théories erronées, de la même manière que la sélection naturelle permet d’éliminer les organismes porteurs de mutations néfastes. Le philosophe fait lui-même ce parallèle entre le darwinisme et le réfutationnisme.</p>
<p>Ceci dit, il convient de ne pas négliger le fait que Karl Popper ne caractérise son épistémologie de “sélectionniste” ou de “darwinienne” qu’en 1961, soit presque 30 ans après la parution de sa <i>Logique de la découverte scientifique</i>. </p>
<p>La tentation uchronique, simpliste (seraient contenus, en germes, dans les expériences intellectuelles enfantines du philosophe, les futurs développements de sa pensée), est donc improbable, d’autant plus que Popper affirme que son épistémologie provient directement de ses réflexions sur la logique<a href="#_ftn3_6962" name="_ftnref3_6962">[2]</a>. </p>
<p>Postuler que le falsificationnisme est une application épistémologique du darwinisme revient à réinterpréter la genèse de cette théorie en partant de son achèvement. Afin de ne pas s’aventurer dans de telles conjectures, nous nous en tiendrons ici à l’évocation des faits, qui montrent illustrent simplement l’intérêt que ressent, très jeune, Karl Popper pour la théorie de l’évolution. </p>
<p>Dans <i>La Quête inachevée</i>, le philosophe dit de l’évolution qu’il a « <em>toujours […] été prêt à l’accepter comme un fait</em> », et que « <em>Darwin et le darwinisme [l’ont]</em> » depuis l’enfance, « <em>fasciné</em><a href="#_ftn5_6962" name="_ftnref5_6962">[3]</a> ». </p>
<p>C’est au cours de longues promenades dominicales effectuées dans les environs de la Vienne des débuts du XXe siècle qu’Arndt (un des membres du groupe des Monistes fondés par son oncle Joseph Linkeus-Popper) lui expose la théorie de la sélection naturelle. </p>
<p>Ces discours, rapportera-t-il plus tard, le dépassent alors infiniment (en 1912, il n’a que 10 ans). Il les trouvent néanmoins « <em>tout à fait passionnants</em><a href="#_ftn6_6962" name="_ftnref6_6962">[4]</a> ». </p>
<p><a href="http://www.karl-popper.com/wp-content/uploads/2010/05/clip_image002.jpg"><img style="border-right-width: 0px; display: block; float: none; border-top-width: 0px; border-bottom-width: 0px; margin-left: auto; border-left-width: 0px; margin-right: auto" title="clip_image002" border="0" alt="clip_image002" src="http://www.karl-popper.com/wp-content/uploads/2010/05/clip_image002_thumb.jpg" width="244" height="238" /></a></p>
<p>Le bureau de son père (où se trouve un portrait de Darwin) contient une belle bibliothèque, dans laquelle on trouve la plupart des ouvrages traduits du naturaliste anglais<a href="#_ftn7_6962" name="_ftnref7_6962">[5]</a>. On peut supposer que le jeune Karl Popper a eu l’occasion d’en lire, ou du moins d’en feuilleter, quelques-uns.</p>
<p>Popper affirme quoi qu’il en soit qu’à l’âge de douze ou treize ans il s’interrogeait sur l’origine de la vie, sur la nature des êtres vivants, et qu’il avait opté pour la théorie selon laquelle ces derniers s’apparentaient à « <em>des flammes</em><a href="#_ftn8_6962" name="_ftnref8_6962">[6]</a> ».</p>
<hr align="left" size="1" width="33%" />
<p><a href="#_ftnref1_6962" name="_ftn1_6962"><font size="1">[1]</font></a><font size="1"> POPPER Karl R., <i><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2742718613?ie=UTF8&amp;tag=848159223-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=6746&amp;creativeASIN=2742718613" rel="nofollow" target="_blank">Toute vie est résolution de problèmes, Réflexions sur l’histoire et la politique</a></i><i>,</i> op. cit., p. 206.</font></p>
<p><a href="#_ftnref3_6962" name="_ftn3_6962"><font size="1">[2]</font></a><font size="1"> A noter que sur ce point, Michel Ter Hark met en doute la sincérité du philosophe, en affirmant que les origines de l’épistémologie de Popper se trouvent dans ses travaux sur la <i>psychologie</i> de la découverte. Cf. TER HARK Michel, « The psychology of thinking, animal psychology, and the young Karl Popper », in <i>Journal of the History of the Behavioral Sciences, </i>Vol. 40 (4), pp. 375–392, Automne 2004.</font></p>
<p><a href="#_ftnref5_6962" name="_ftn5_6962"><font size="1">[3]</font></a><font size="1"> POPPER Karl R., <i><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2266028146?ie=UTF8&amp;tag=848159223-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=6746&amp;creativeASIN=2266028146" rel="nofollow" target="_blank">La Quête inachevée</a></i><i>, </i>op. cit., p. 236.</font></p>
<p><a href="#_ftnref6_6962" name="_ftn6_6962"><font size="1">[4]</font></a><font size="1"> BRUDNY Michelle-Irène, <a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2246506816?ie=UTF8&amp;tag=848159223-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=6746&amp;creativeASIN=2246506816" rel="nofollow" target="_blank"><em>Karl Popper, un philosophe heureux</em></a>, p. 34.</font></p>
<p><a href="#_ftnref7_6962" name="_ftn7_6962"><font size="1">[5]</font></a><font size="1"> Op. cit., p. 18.</font></p>
<p><a href="#_ftnref8_6962" name="_ftn8_6962"><font size="1">[6]</font></a><font size="1"> POPPER Karl R., op. cit., p. 19.</font></p>
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		<title>La &#171; loi d&#8217;orthogen&#232;se &#187; de Gustav Eimer</title>
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		<pubDate>Sat, 22 May 2010 14:40:31 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Présentation de la "loi d'orthogenèse" élaborée par le zoologiste néo-lamarckien Gustav Eimer (1843-1898).]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p></p><p>Le terme « <i>orthogenèse</i> » (du grec <i>orthos</i>, « droit », et <i>genesis</i>, « génération ») est né en 1893 sous la plume du biologiste néo-lamarckien Haacke. </p>
<p>Il fut popularisé par Gustav Eimer, un zoologiste suisse-allemand, qui formula en 1897 une « loi d’orthogenèse » selon laquelle « la transformation d’une espèce peut se dérouler selon une direction immuable, sans rapport avec l’utilité, et qui ne peut donc donner prise à la sélection.<a href="#_ftn1_9457" name="_ftnref1_9457">[1]</a>&#160; » </p>
<p>L’orthogenèse « n’est fondamentalement pas adaptative (elle peut être inadaptative) et se dirige vers un but.<a href="#_ftn2_9457" name="_ftnref2_9457">[2]</a> » Elle se traduit par la progression, ou la régression, d’un (ou de plusieurs) caractère(s). </p>
<p>N’étant pas soumise au contrôle de la sélection naturelle, elle peut mener à une situation catastrophique nommée <i>hypertélie</i> et provoquer l’extinction de l’espèce. C’est en ce sens que l’on interprétait, par exemple, la disparition des Gryphées, sorte d’Huîtres géantes du Secondaire dont les deux valves crûrent jusqu’à s’enrouler l’une sur l’autre, « si bien que l’animal se trouva finalement enfermé à l’intérieur.<a href="#_ftn3_9457" name="_ftnref3_9457">[3]</a><i> »</i></p>
<p>Selon Gustav Eimer, l’orthogenèse doit s’expliquer en des termes <i>physico-chimiques</i>. Sa « loi » combine l’influence de facteurs <i>externes</i> et <i>internes </i>à l’organisme. Les « circonstances » du milieu provoquent la transformation :</p>
<blockquote><p>D’après ma conception, les causes de l’évolution dirigée dans un sens déterminé sont contenues dans les effets produits par les circonstances et influences extérieures, telles le climat, la nourriture, sur la constitution de l’organisme donné. <a href="#_ftn4_9457" name="_ftnref4_9457">[4]</a></p>
</blockquote>
<p>Une fois enclenchée, la progression orthogénétique se poursuit en fonction de déterminismes structuraux propres aux lois morphogénétiques constitutives de chaque groupe :</p>
<blockquote><p>Le développement ne peut avoir lieu que dans un petit nombre de directions, parce que la constitution, la composition matérielle du corps déterminera nécessairement les directions et empêchera les modifications dans tous les sens.<a href="#_ftn5_9457" name="_ftnref5_9457">[5]</a></p>
</blockquote>
<p>D’après cette théorie, les variations ne s’effectuent ni au hasard ni dans tous les sens, et la sélection naturelle ne joue qu’un rôle secondaire. Elle intervient sur des organismes dûment évolués et non sur chaque variation ainsi que le pensent les sélectionnistes. </p>
<p>Gustav Eimer se fit en conséquence le critique des néo-darwinistes allemands de la fin du 19<sup>ème </sup>siècle, et en particulier de Weismann qu’il considérait comme son principal adversaire. Par sa « loi d’orthogenèse », il tenta de rendre compte de divers phénomènes. </p>
<p>Lors d’une conférence prononcée à Leyde en 1895 et intitulée <em>«</em> Sur l’évolution dans une direction déterminée, et sur l’incapacité de la sélection darwinienne dans la formation des espèces »<a href="#_ftn6_9457" name="_ftnref6_9457">[6]</a>, il s’attaqua par exemple à ce que l’on considère généralement comme l’une des réussites du darwinisme : l’explication du <i>mimétisme</i>. </p>
<p>Le zoologue nia que les dessins sur les ailes des Papillons aient valeur adaptative : le prétendu « mimétisme » serait dû à l’action de circonstances identiques sur des organismes différents, et au respect chez ces derniers des mêmes lois structurales contrôlant la coloration.</p>
<p>L’exemple d’Eimer est assez représentatif des partisans des théories orthogénétiques classiques (parmi lesquels on comptait alors également Cuénot, Trueman ou Lang). Ces derniers, en s’inspirant d’un matérialisme néo-lamarckien, refusaient de laisser la sélection naturelle jouer le premier rôle dans l’évolution. Ils la considéraient comme le « bourreau qui exécute les inadaptés<a href="#_ftn7_9457" name="_ftnref7_9457">[7]</a> » plutôt que comme un mécanisme créateur. </p>
<p>Karl Popper ne tente pas d’inscrire sa conjecture dans une perspective néo-lamarckienne ; cependant, comme nous le verrons par la suite, il distingue, à l’instar des orthogénéticiens (et, plus généralement, à l’instar des Néo-lamarckiens), des causalités <i>internes</i> et des causalités <i>externes</i> à l’évolution du vivant.</p>
<hr align="left" size="1" width="33%" />
<p><a href="#_ftnref1_9457" name="_ftn1_9457"><font size="1">[1]</font></a><font size="1"> DEVILLERS Charles, « <b>ORTHOGENESE. </b><i>Orthogenesis</i> », <i>in</i> TORT Patrick (sous la direction de), <i><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2130464793?ie=UTF8&amp;tag=848159223-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=6746&amp;creativeASIN=2130464793" rel="nofollow" target="_blank">Dictionnaire du Darwinisme et de l’Evolution</a></i>, op. cit.,<i> </i>p. 3305.</font></p>
<p><a href="#_ftnref2_9457" name="_ftn2_9457"><font size="1">[2]</font></a><font size="1"> Ibidem.</font></p>
<p><a href="#_ftnref3_9457" name="_ftn3_9457"><font size="1">[3]</font></a><font size="1"> GOULD Jay Stephen, <i><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2020069806?ie=UTF8&amp;tag=848159223-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=6746&amp;creativeASIN=2020069806" rel="nofollow" target="_blank">Darwin et les grandes énigmes de la vie : réflexions sur l’histoire naturelle</a>,</i> op. cit., p. 86.</font></p>
<p><a href="#_ftnref4_9457" name="_ftn4_9457"><font size="1">[4]</font></a><font size="1"> Cité <i>in </i>DEVILLERS Charles, op. cit., p. 3305.</font></p>
<p><a href="#_ftnref5_9457" name="_ftn5_9457"><font size="1">[5]</font></a><font size="1"> Ibidem.</font></p>
<p><a href="#_ftnref6_9457" name="_ftn6_9457"><font size="1">[6]</font></a><font size="1"> LA VERGATA Antonello, « <b>EIMER</b> Gustav Heinrich <i>Theodor</i> 1843-1898 » <i>in </i>TORT Patrick (sous la direction de), <i><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2130464793?ie=UTF8&amp;tag=848159223-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=6746&amp;creativeASIN=2130464793" rel="nofollow" target="_blank">Dictionnaire du Darwinisme et de l’Evolution</a></i>, op. cit., p. 1338.</font></p>
<p><a href="#_ftnref7_9457" name="_ftn7_9457"><font size="1">[7]</font></a><font size="1"> GOULD Jay Stephen, op. cit., p. 10.</font></p>
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		<title>Karl Popper et la th&#233;orie de l&#8217;&#233;volution</title>
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		<pubDate>Thu, 20 May 2010 02:12:29 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Pour Karl Popper, il existe un lien très fort entre sa propre épistémologie, qu'il qualifie d'"épistémologie évolutionniste", et la théorie de l'évolution élaborée par Charles Darwin...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p></p><p>Bienvenue sur ce site consacré à <a title="Karl Popper" href="http://www.karl-popper.com/">Karl Popper</a>.</p>
<p>Vous y trouverez des ressources en libre accès concernant la philosophie et l&#8217;épistémologie de Karl Popper, en particulier en ce qu&#8217;elles ont trait à la biologie et à la théorie de l&#8217;évolution darwinienne. Elles m’ont notamment inspiré dans mes contributions à l’<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Karl_Popper" target="_blank">article Karl Popper de Wikipedia</a>.</p>
<p>Le présent site propose également le livre tiré de mes recherches sur les relations entre la pensée de Karl Popper et le darwinisme.&#160; Cet ouvrage éclaire le lien prégnant, dans la pensée de Popper, entre épistémologie et évolutionnisme. </p>
<p>Plus précisément, il vise à élucider la dimension évolutionniste de la théorie falsificationniste poppérienne, et à montrer l’impact de cette formalisation de l’histoire des sciences sur la théorie de l’évolution elle-même, tout en détaillant les différentes conjectures et formalisations proposés par Popper en rapport avec la théorie de Charles Darwin.</p>
<p>[<em>Cet ouvrage n’est pas encore disponible : merci de m’écrire à l’adresse</em> karlpopper.com [arobase] gmail.com <em>pour de plus amples informations.</em>]</p>
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